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RENCONTRE AVEC FRÉDÉRIC DELEERSNYDER, le dandy caméléon du cinéma français


Il brouille les pistes, il est inclassable, il est là où on ne l'attend pas, et même son nom ne dit pas vraiment d'où il vient. Découvert par un prodige africain de la mode, il met en avant son cool en tant qu'égérie de marques, puis son jeu de scène aussi bien à l'international qu'en France où il donne la réplique à ses pairs sur grand écran. Imane Ayssi, Évian, Childish Gambino entre autres l'ont repéré bien avant nous mais chez Wassou de Provence on aime révéler les talents curly de Marseille à Haïti, et forcément on a repéré Frédéric Deleersnyder. Pas évident car le monsieur très posé vit en fait à 100 à l'heure ! On partage quand même avec vous cette interview touchante, non sans humour dont il ne manque pas, et de chouettes révélations sur ses débuts, son parcours, ses collaborations, et bien sûr on a parlé aussi coiffure !



Wassou De Provence : Tu es comédien, on te voit jouer dans plusieurs films sur grand écran, en séries télé notamment sur TF1, France TV, Canal +, et même sur la chaîne américaine FX avec ton rôle dans la série Atlanta, acteur en web séries, tu apparais également en tant que comédien dans des spots publicitaires télévisés. Par quoi as tu commencé, et à ce stade pourrais tu nous donner ton meilleur souvenir parmi toutes ces activités ?


Frédéric Deleersnyder : A la base j'ai commencé en tant que mannequin, ma mère étant chorégraphe un danseur de sa compagnie qui est maintenant un styliste de renom, Imane Ayissi, il m'a suggéré de faire des photos et d'aller voir une agence de mannequin.

Je me suis dis pourquoi pas, j'ai fais des photos et j'ai été signé dans l'agence puis les castings ont commencé, sans beaucoup de succès. Quelques temps plus tard j'ai décidé de refaire des photos professionnels mais plus dans l'esprit pub cette fois ci et c'est à ce moment la que tout s'est enchainé. A la suite de ma campagne pour Évian ayant senti que j'avais fais le tour de la publicité j'avais besoin de nouveaux challenges donc je me suis orienté vers le cinéma apres une formation d'acteur d'un an.



Frédéric Deleersnyder pour campagne publicitaire Evian - Time Square N.Y.C.




Et concernant mon meilleur souvenir, c'est Venise n'est pas en Italie un film de Ivan Calberac avec Benoit Poelvoorde

On tournait sur une aire d'autoroute, et tout s'enchainé simplement et facilement. Je me sentais dans mon élément et au bon endroit. Benoit est un sacré personnage, on avait bien rigolé !



"Venise n'est pas en Italie" avec Benoit Poelvoorde, Valérie Bonneton, Frédéric Deleersnyder



WDP : Tes parents t'ont-ils encouragé à devenir comédien ou voulaient-ils que tu fasses quelque chose de plus "sérieux", et qu'est ce que l'enfant Frédéric s'imaginait faire une fois grand ?


FD : Mes parents m'ont soutenu dans mes choix de devenir comédien mais ils n'étaient pas très pour à la base. Il me disait souvent que j'avais pas mal de temps libre entre mes castings et tournages et que je devrai chercher un travail plus stable à coté. Sauf que pour être comédien il faut être très disponible n'importe quel jour, heure... Donc à la base ils auraient préféré que je fasse autre chose, mais à la suite de ma campagne pour Evian ils se sont rendus compte que je pouvais gagner ma vie avec ce que je faisais et être autonome.


Je me rappelle de ma mère qui me disait : " J'ai vu qu'il cherche quelqu'un pour travailler à l'accueil de notre BNP", je lui disais que ca ne m'intéressait pas et qu'il fallait que je fasse quelque chose d'artistique pour être épanoui. C'était pas facile tous les jours mais ça forge !

Quand j'étais vraiment petit je voulais être inventeur, j'ai toujours été très curieux de tout, je parle pas beaucoup et j'observe... Encore maintenant à vrai dire ! Ensuite je voulais travailler dans l'informatique, j'ai voulu faire une école d'infographiste mais j'étais nul en dessin. Et ensuite travailler dans la musique, j'ai fais une école d'ingénieur du son mais je me suis rendu compte que c'était plus une passion qu'un travail que je souhaitai vraiment faire.





WDP : On ne voit pas beaucoup en France de comédiens afros ou métissés avec ce look de dandy flegmatique, ne trouves-tu pas que tu as une apparence atypique, même rare dans le paysage cinématographique français ?


FD : Si bien sûr, j'en fais ma force... Je suis bien conscient qu'on a du mal à me mettre dans une case, parce que je n'ai pas vraiment de case. Généralement soit on m'adore ou soit on me déteste et ça me va très bien comme ça.

Même de part mes origines j'ai un nom hollandais mais je suis français d'origine camerounaise. Mais les gens n'arrivent jamais à me situer.. Encore une fois j'en fais mon atout car je peux un peu être caméléon ...


WDP : Très bien, j'allais te dire que la nature et sans doute le sport ont aidé, et très certainement tes parents aussi pour ce physique, et te demander les origines de tes parents ? C'est fait !


FD : Je pense qu'au debut je voulais être dans une case car je voulais correspondre à un certain type pour travailler ou être accepté, arrivant d'Afrique à 8 ans ça n'a pas été facile non plus l'adaptation, mais en grandissant je me suis rendu compte qu'être tout simplement moi était la meilleure solution.






Quant au sport, oui il a une grande place dans ma vie, j'ai besoin d'adrenaline, j'adore apprendre, découvrir etc ... Je pense que c'est pour ça que j'ai choisi ce metier d'acteur et ces sports : la boxe et le surf, car c'est dur. Et dans la difficulté quand on sort de sa zone de confort c'est là qu'on se sent vivant. Et surtout il ya toujours des choses à apprendre comme c'est un metier/sports complexes, donc je m'ennuis jamais et avant d'avoir fait le tour il se passera un bon moment je pense.

Alors concernant les origines de mes parents, ma mère est camerounaise et mon père francais du nord de la france d'où le nom flamand, il doit certainement y avoir des ancêtres hollandais dans la famille ...


WDP : Ta carrière compte un tournage aux U.S. pour la série Atlanta, sous la houlette de Childish Gambino, plus connu sous le nom de Donald Glover dans le milieu du cinéma. C'est une sacrée performance ! Peux tu nous dire un peu comment tu t'es retrouvé là et en gardes tu bon souvenir d'expérience ?


JFD : 'en garde un souvenir amère haha ... En fait c'est mon agent qui m'a appelé pour ce projet, étant fan de la série et ayant pour but d'aller vivre à Los Angeles, j'ai de suite eu l'envie d'y participer. Donc je passe le casting par vidéo que j'envoie, je suis sélectionné, ils veulent une deuxième vidéo que j'envoie, on me dit que je suis pris. A 2 semaine du tournage je vais faire les essayages je rencontre la production etc tout se passe très bien. Et quelques jours avant le tournage mon agent m'appelle et me dit mauvaise nouvelle, ils ont perdu le lieu du tournage à cause du covid et le réalisateur à réécrit ta scène et malheureusement tu n'es plus dedans ... Sacré coup dur mais bon, je me suis dis que ça ne devait pas se faire et que c'est pas grave je ferai encore mieux dans le futur.

J'aurais du être dans l'un des derniers épisodes où il est à Paris et qu'ils font une soirée pour manger des mains, j'étais à la base un gars dans la cuisine qui s'interpose avec Alexander Skarsgård ...

Apres je ne l'ai pas enlevé de mon CV pour des questions de business.. Et car apres tout j'ai bien été choisi par Donald.


WDP : Tu as une vie rythmée et tu t'es tourné vers des sports très physiques tels que la boxe et le surf, et tu vis en milieu urbain en plein Paris, tu n'as donc pas de charentaises chez toi ?


FD : Haha non, comme je dis souvent je suis un enfant du monde j'appartiens à aucun endroit. J'ai toujours eu l'habitude de bouger, d'habiter ailleurs, de voyager donc je vais où je sens que je dois être. Et pour le surf comme ma femme est originaire de Nantes et que j'ai une adorable belle mere avec une grande voiture, c'est de la bas que je pars pour aller surfer





WDP : Pourquoi as tu diminué ces bouclettes qu'on te voit arborer sur des photos antérieures, et est ce qu'on te reverra avec cet afro plus long ?


J'ai eu l'afro à la fin de mon adolescence et je ne vais pas te l'apprendre les cheveux evoluent avec le temps (tous les 7ans même je crois). Et la texture ne me plaisait plus à la fin, ils étaient plus souples du coup j'avais un afro qui tombait un peu plus, je trouvais ça moins joli. Et je sentais aussi que j'avais fais le tour apres 13 ans d'afro, d'autant plus que les rôles dans le cinéma faisaient vite des raccourcis. Donc j'ai décidé de tout couper.

Je ne pense pas forcement y revenir, mais on ne jamais.. Peut être pour un rôle qui sait.


En tout cas je souhaite le meilleur à ta marque. J'aime bien le coté éthique, fait maison et forcement vegan ca me parlait aussi.




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