top of page

GLADYS, 25 ANS, MÉTISSE ET NAPPY FRANÇAISE : DE LA RÉTICENCE À LA RECONNEXION AU CHEVEU CRÉPU


Wassou De Provence : Sur ta page Instagram @jolicurlie on voit clairement l'importance que tu attaches au bonheur d'être soi, et on voit l'importance que tu tiens à porter tes cheveux au naturel. Tu as même créé une newsletter dédiée à ton amour du cheveux aux mille frisettes et bouclettes, pourquoi une newsletter ?


Gladys : J’avais envie de trouver un autre format différent de celui des réseaux sociaux (Instagram / Tik Tok). J’ai toujours aimé écrire et ce nouveau format me correspondait bien. J’ai envie de partager différemment mes conseils et d’apporter un peu plus de matières aux personnes de ma communauté 😊 Sur les réseaux (et surtout avec l’ère des réels et vidéos de quelques secondes à peine), ce n’est pas toujours évident de détailler son avis ou donner des conseils !


En remontant quelques années en arrière tu ascomme plusieurs d'entre nous succombé aux défrisage systématique de tes cheveux. Te souviens-tu pourquoi tu décidais à cette époque de défriser tes cheveux ?


J’ai défrisé mes cheveux pour la première fois à l’âge de 6 ans, à l’époque je ne sais plus si c’est moi même ou mon père qui m’a amené à cela. J’étais très contente, même si j’avais souffert, parce je pouvais enfin ressembler à mes copines et à cet idéal de beauté du cheveu lisse.

Je pense que tout vient de là, de la représentation autour de moi et du fait que je voulais ressembler aux autres filles de mon âge. Ensuite, j’ai lissé mes cheveux en grandissant plus par automatisme et parce que je n’aimais pas mes cheveux au naturel. Je ne les connaissais pas et à cette période, il y avait peu de produits adaptés ou de conseils disponibles pour en prendre soin au naturel.



Gladys, adolescente, cheveux défrisés



Comment alors est venu le changement, est ce progressivement, un déclic ? Qu'est ce qui t'a orienté à porter tes cheveux au naturel ?


Ça a commencé en 2020, juste avant le confinement. Je n’avais jamais fait de tresses avec rajouts, avec mes cheveux naturels et je me suis lancée. J’ai adoré cette coiffure et en retirant mes braids, c’est là que j’ai redécouvert mes cheveux naturels (car avant je les lissais tout de suite après le shampooing).

Par la suite, j’ai remis un peu en question le pourquoi je me suis lissée les cheveux pendant des années, et j’ai compris cela venait de mon enfance et de la représentation (quasi nulle de filles noires/métisses dans la société, dans les médias et les films de l’époque).

Les confinements m’ont aussi aidé à commencer une transition capillaire, qui n’est pas si simple à faire au début quand nos cheveux changent et n’ont pas encore révélé tout leur potentiel.


Quelles ont été les réactions de ton entourage ? De tes parents peut être ? Est ce qu'on t'a incité à revenir au lissage ?


Mon entourage m’a encouragé dans cette transition. Mes amies avaient toutes les cheveux lisses et en commençant ma transition, elles ont compris pourquoi c’était important pour moi de passer au naturel.

Ma grande sœur a aussi commencé sa transition en même temps que moi donc on s’est entraide au début. Ce soutien est forcément important, il nous influence beaucoup. La dessus j’ai de la chance d’être bien entourée et je n’ai jamais été incité à revenir au lissage. Au contraire, ils me préférent bien mieux avec mes cheveux naturels


Comment s'est passée la transition "techniquement parlant" ? Est ce que ça t'as paru difficile de les coiffer, de les sublimer ? Est ce que c'est compliqué les cheveux afro au naturel ?


La transition a été longue et difficile pour moi. Je n’aimais pas mes cheveux donc c’était un long travail pour les accepter, apprendre à en prendre soin et les coiffer.

Ce n’était pas dur en soit, le cheveu frisé crépu n’est pas plus compliqué qu’un autre type de cheveu. Ce qui était compliqué, c’était de les accepter et apprendre à les aimer.

Grâce aux réseaux, j’ai eu accès à pleins de conseils, techniques et idées de produits à utiliser. Et avec ma page Instagram, j’ai fait pleins de rencontres de filles qui comme moi étaient passées par une transition.



Gladys, en transition vers le naturel



Tu es française, métissée, afro européenne, dirais tu que la réconciliation avec tes cheveux t'as rapproché de ta part africaine ?


Ce n’est pas toujours évident d’être métisse, car on est ni blanc ni noire et on ne fait pas vraiment partie des deux communautés à la fois.

Petite, j’ai beaucoup été influencé par la culture française et en grandissant j’ai de plus en plus voulu me rapprocher de ma culture congolaise/afro descendante.

Et encore plus depuis que je porte mes cheveux naturels. J’ai l’impression de m’être reconnecté avec cette culture qui fait partie de moi. Par exemple, L’année dernière je suis partie à Kinshasa pour la première fois.

C’est important pour moi de combiner mes deux cultures et de les représenter au quotidien. J’en suis fière car cela m’a apporté beaucoup, mais trouver sa place n’est pas toujours simple.


Gladys, "Jolie Curlie" aujourd'hui en 2023




Vous l'aurez compris, Gladys a tourné la page du lissage systématique de ses cheveux. Aujourd'hui elle accompagne les bons gestes sur sa chevelure avec l'application de bons produits pour les cheveux texturés. Vous la retrouverez dans sa vidéo de routine de soins capillaires à la fin de cet autre article : https://www.wassoudeprovence.com/post/7-raisons-de-faire-la-transition-au-shampoing-solide-pour-les-cheveux-crépus-à-bouclés 🌿


Retrouvez aussi Gladys sur sa page Instagram @jolicurlie Elle y donne beaucoup de tutos pour vos soins capillaires et plus ! 🥰






bottom of page